‘ Pour écrire un seul vers ‘

Merci à C. de m’avoir fait redécouvrir ce texte magnifique !

 » Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. »

Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, Rainer Maria Rilke – Musique : Benjamin Biolay – B.O. du film Clara et moi.

 

 

‘L’homme qui voulait être heureux’ … savoir/apprendre à choisir

Juste fini de le lire. Même si je trouve qu’il reste superficiel dans la façon dont il les aborde, ces messages ont beaucoup résonné.

Un occidental rencontre un sage balinais et sa perception sur la Vie, sur sa vie, s’ouvre, prend une autre dimension.

 » Quand on apprend à aller vers les autres pour leur demander ce dont on a besoin, c’est tout un univers qui s’offre à nous. La vie, c’est s’ouvrir aux autres, pas se refermer sur soi. Tout ce qui permet de se connecter aux autres est positif.  »

 » – On a toujours le choix.

– Non, si je faisais que ce qui est en accord avec moi-même, je risquerai de perdre mon boulot

– Vous avez donc le choix de garder ou perdre cet emploi.

– Mais je prendrais dans ce cas le risque d’en trouver un autre moins bien rémunéré. Je ne pourrais plus payer mon loyer !

– Vous auriez alors le choix de conserver cet appartement ou d’en prendre un moins cher, peut-être plus éloigné de votre travail

– Ma famille et mes amis seraient déçus si je m ‘éloignais

– Alors, vous auriez le choix de les satisfaire ou de les décevoir « 

‘L’homme qui voulait être heureux’  Laurent Gounelle

‘L’évangile de Jimmy’ citations

« C’est quoi la pureté Jimmy ? Ce n’est pas la prudence du naïf qui vit sous cloche pour se protéger du mal ; c’est la réaction du pécheur qui s’est frotté au pire et qui choisit le bien, en connaissance de cause.  »

« Irwin se dit que le secret de l’Incarnation était là : c’est le doute qui fait l’homme et pas la foi. C’est l’inquiétude et non la croyance. L’épreuve du discernement , bien plus que les convictions ; Dieu est venu sur Terre pour nous montrer que la foi n’est pas une question de certitude mais d’amour. »

Pour toi, Christophe.

Salta — Cafayate

Didier van Cauwelaert, ‘L’Evangile de Jimmy’

‘Oscar et la dame rose’

« Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus le temps pour ce que pensent les gens intelligents. »

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La vie & la mort abordées en toute lucidité avec des mots d’enfant. Un petit bijou sans langue de bois, bourré d’humour et d’émotion.

Extrait de circonstance J (Oscar à mamie-Rose, à propos de ses parents) : « Le jour où je suis revenu de l’école en leur disant qu’il fallait arrêter de déconner, que je savais, comme tous mes copains, que le Père Noël n’existait pas, ils avaient l’air de tomber d’un nuage. Comme j’étais plutôt furax d’être passé pour un crétin dans la cour de récréation, ils m’ont juré qu’ils n’avaient jamais voulu me tromper et qu’ils avaient cru, eux, sincèrement, que le Père Noël existait, et qu’ils étaient déçus d’apprendre que ce n’était pas vrai! Deux vrais tarés, je vous dis, Mamie-Rose! »
Oscar et la dame rose‘ Eric-Emmanuel Schmitt